Le "Kaddish"
Drôle et émouvante, sur fond de musique Yiddish, cette fable d'autrefois est mise en scène par Youlia Zimina. Au théâtre Firmin-Gémier-La Piscine d'Antony le 9 décembre.
"Le Kaddish", de Grigori Gorine (1940-2000) raconte le quotidien d’un village d’Ukraine au temps des tsars. Dans cette petite communauté, juifs et orthodoxes vivent dans une relative harmonie jusqu’au jour où…Explications avec Youlia Zimina, metteur en scène.
Pourquoi avoir voulu monter cette pièce de Grigori Gorine ?
Parce qu’il est intéressant de raconter cette fable aujourd’hui, où l’on parle de plus en plus de ce phénomène dangereux qu’est le communautarisme. Cette pièce est ainsi divisée en deux parties. La première raconte comment des personnes de confessions différentes ont trouvé un « modus operandi » : ils vivent ensemble, travaillent ensemble même si chacun va mourir dans son propre cimetière. Et dans la seconde, tout bascule, les voisins d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui.
Cette histoire, située à l’époque des pogroms tsaristes du XIXe, nous parle donc du monde actuel ?
Je le crois, en un peu plus deux heures de spectacle, cette pièce œuvre pour l’harmonie et pour une meilleure compréhension de l’autre. L’autre à qui nous fermons la porte de plus en plus. Toute la beauté de ce texte tient à ce rêve d’harmonie entre des gens de confessions différentes. Nous en avons besoin.
Pourquoi avoir donné une place centrale à la musique ?
C’est une tradition dans le théâtre yiddish. Dans la pièce, la musique a plusieurs rôles. Elle est d’abord l’émotion pure, elle intervient quand la parole devient impossible.La musique permet aussi de ponctuer le rythme de l’action. Enfin, tous les bruitages sont réalisés par les musiciens.
Vous avez délibérément choisi une mise en scène épurée, sans folklore : expliquez-nous ce choix.
Je voulais construire un espace chagallien, c'est-à-dire un espace entre deux rêves où il y a de très fortes attaches terrestres, et en même temps, un grand envol céleste.
Pour monter ce spectacle, j’ai épluché l’œuvre de Chagall et ses souvenirs d’enfance. Il a lui-même vécu dans un shtetl, une communauté juive villageoise. Pour moi, ce qui est très beau dans ses peintures c’est qu’il montre la beauté et les rêves de gens extrêmement pauvres. Dans le spectacle, j’ai voulu construire chaque scène comme un petit tableau.
Entretien réalisé en novembre 2007.
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"Le Kaddish" le 9 décembre au théâtre Firmin-Gémier-La Piscine
Renseignements surwww.firmingemier-lapiscine.fr
