- Hauts-de-Seine.net : Quel est le rôle de l’agence portuaire de Gennevilliers ?
- Michel Funfschilling : Notre rôle est d’inciter au trafic fluvial et de faire en sorte que les entreprises qui veulent utiliser les voies d’eau puissent disposer de notre outil, le port, et des services qui leur sont proposés.
Nous nous chargeons de construire les quais, les routes, d’entretenir les espaces verts. Pour résumer, nous sommes gestionnaires de ce domaine public. Nous gérons également du foncier, en proposant des bâtiments aux entreprises qui souhaitent s’implanter.
- Hauts-de-Seine.net : Comment se porte l’activité de l’agence ?
- Michel Funfschilling : Bien. Le trafic fluvial poursuit sa croissance (il connaît une hausse cumulée de 48 % en 5 ans !) et nous sommes quasiment complets. C’est vrai qu’avec le contexte d’aujourd’hui – la hausse du prix du carburant et la préoccupation environnementale –, nous sommes dans une position où l’on peut choisir les entreprises.
Ce qui nous permet de mener une stratégie au sein du port : actuellement nous cherchons à limiter les trajets de camions à vide en leur proposant sur place un ensemble de services : nous accueillons ainsi un centre de services aux poids lourds et d’ici peu, il y aura un garage, une station de lavage et d’essence, un centre de contrôle technique, une zone de stationnement..
Nous cherchons également à améliorer la qualité de nos aménagements avec la création d’un arboretum qui s’étend sur plusieurs kilomètres raccordé au réseau départemental de pistes cyclables !
- Hauts-de-Seine.net : Comment ressentez-vous le développement du transport fluvial à Gennevilliers ?
- Michel Funfschilling : On sent qu’il y a de plus en plus d’appétences, d’intérêts et surtout de projets autour du transport sur voie d’eau. Les entreprises incluent de plus en plus un échelon fluvial (pour certaines ce sera le rail) afin de minimiser les coûts bien sûr, mais aussi par souci écologique.
On voit également apparaître de nouvelles activités qui viennent s’ajouter au trafic traditionnel, même si celui-ci aussi évolue.
- Hauts-de-Seine.net : C'est-à-dire ?
- Michel Funfschilling : Prenez le transport des granulats, ces pierres et gravats issus de la destruction de bâtiments. Saviez-vous que cela représente 3 tonnes par habitant et par an ? Historiquement, son transport est une activité du port, mais aujourd’hui se dessine une diversification de cette activité.
On pense, par exemple, davantage au recyclage. Nous pensons au chantier de la Défense, et notamment aux tours détruites : les gravats pourront être transportés par voie d’eau sur un site, puis retraités avec, d’un côté, la partie métallique qui ira vers les aciéries et, de l’autre, la pierre qui pourra être transformée et resservir à la construction des sous-couches de chaussée. On prend à la ville et on réinjecte à la ville.
- Hauts-de-Seine.net : Et quelles sont les autres activités du port ?
- Michel Funfschilling : Parmi les traditionnelles, il y a les céréales, ce qui représente en moyenne 130 à 140 000 tonnes de marchandises par an, même si la production céréalière est aléatoire. C’est toujours une activité importante, les Grands Moulins de Paris fournissant les boulangeries d’Île-de-France.
Il y a aussi les produits ferreux, l’importation, et l’énergétique, même si aujourd’hui le pétrole passe par les pipe-lines et donc plus chez nous.
En revanche, dans cette activité, est à l’expérimentation en ce moment la possibilité de mélanger le charbon qui arrive par bateau et les grumes, c’est-à-dire toute la biomasse (bois, feuillage…). C’est la SA Transports réunis, opérateur historique de combustibles solides, qui expérimente cette filière qui intéresse la Compagnie parisienne de chauffage urbain.
- Hauts-de-Seine.net : Et parmi les activités nouvelles ?
- Michel Funfschilling : Je citerai le traitement des déchets qui se développe beaucoup, notamment le recyclage de papier. Et bien sûr, les conteneurs qui transportent des objets du quotidien, les canapés comme les produits non périssables des supermarchés.
Cette activité se développe très rapidement : + 30 % en 2007, + 26 % en 2006. Nous allons d’ailleurs construire un nouveau quai à conteneurs : près de 400 mètres linéaires sont prévus.
- Hauts-de-Seine.net : Il reste de la place sur le port ?
- Michel Funfschilling : Non, très peu ! Et à l’est comme à l’ouest, le port n’a plus de perspective d’extension. Notre objectif aujourd’hui est justement de gérer au mieux la surface : il faut concentrer les activités, repenser des zones que l’on pensait inexploitables, et bien sûr s’appuyer sur les nouvelles structures, comme le port de Limay par exemple.
Notre schéma d’aménagement et de développement va être revu pour intégrer au mieux les préoccupations environnementales et intensifier les usages fluviaux.

Port de Gennevilliers "2020"
CP : Odile Deq Office Document |

Port de Gennevilliers
CP : Port of Paris Authority / Photographic Precision |

Paris Terminal SA et Logiseine au port de Gennevilliers
CP : Port of Paris Authority / Bird's Eye View |

Chargement de céréales au port de Gennevilliers
CP : Port of Paris Authority / Didier Raux |