Discours
de
Patrick Devedjian
Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine
Signature de la convention de Rénovation Urbaine
11 juillet 2008
Boulogne-Billancourt
Monsieur le Maire, monsieur le Préfet, monsieur le directeur, mesdames et messieurs,
Comme vous le savez, le Conseil général des Hauts-de-Seine a, depuis plus de 10 ans, mobilisé à travers le dispositif « Pacte Hauts-de-Seine », des moyens exceptionnels pour permettre la mise en œuvre d’un programme ambitieux de
rénovation urbaine dans notre département.
En approuvant la convention cadre départementale de partenariat conclue entre l’Etat et l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine, notre assemblée a décidé de poursuivre, et même d’amplifier l’effort de solidarité intra-départementale.
Notamment en élargissant son champ d’intervention à de nouveaux sites de rénovation urbaine, et en doublant l’enveloppe financière consacrée à ce dispositif.
Avec 330 millions d’ici à 2011, nous avons doublé les crédits initialement prévus.
Jamais un département n’avait porté à un tel niveau son intervention en faveur de la fracture urbaine.
C’est dans ce cadre que nous avons retenu le quartier du Pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt. Au titre des priorités complémentaires du Programme National de Rénovation Urbaine.
Le 27 juin dernier, le Conseil général a donc approuvé la convention partenariale pour la mise en œuvre du projet de renouvellement urbain et social du quartier du Pont de Sèvres.
Ce quartier, en bord de Seine, est au cœur d’un secteur historiquement ouvrier puisqu’à partir de 1898 il hébergeait les célèbres usines Renault.
C’est sans doute sur cette base que les aménagements des années 70 ont fixé là ¼ des logements sociaux de Boulogne, ce qui représente plus de la moitié des logements du quartier.
La philosophie de l’époque, si tant est que l’on puisse parler de philosophie, c’était de faire du quantitatif. Des HLM là où se trouvaient les ouvriers.
Une indifférence totale vis-à-vis de la tradition de mixité sociale qui faisait que, jusque-là, dans la France d’autrefois, toutes les catégories sociales cohabitaient.
Un lent processus de dégradation a commencé.
Le résultat, c’est que 25 ans plus tard, ce quartier a été classé en « Zone Urbaine Sensible ».
Le diagnostic posé en 2002 faisait état d’un quartier enclavé, en rupture avec les quartiers environnants. Et un quartier lui-même subdivisé en îlots étrangers les uns aux autres où l’on voyait les logements de l’OPAC d’un côté, de l’autre, les immeubles de bureaux.
Un état des lieux qui vous a poussé naturellement à définir un programme d’ensemble pour réhabiliter ce quartier du Pont de Sèvres, qui est une partie de l’âme de Boulogne.
Quoiqu’il en soit la partie la plus déshéritée de son âme.
Depuis, Christian Devillers, le maître d’œuvre de ce projet d’aménagement et son équipe, ont travaillé à un projet qui prend en compte toutes les données de la vie sociale
Il a donc fallu tout repenser. Repenser les constructions dans le quartier, et le quartier dans la ville.
Pour l’adapter à sa vocation nouvelle : être une charnière entre la Commune et le futur quartier de Billancourt.
Ce que nous validons aujourd’hui à travers nos signatures : un projet qui repose sur une approche globale.
Sur une intelligence de la ville.
C’est cela, une politique de la ville.
C’est ce que vous vous êtes résolu à faire à Boulogne, cher Pierre-Christophe, et je vous en félicite.
Bien sûr, il y aura toujours une part de mystère dans le rapport des hommes et des lieux.
De la même façon qu’un architecte aura beau dessiner les plans d’une maison de la façon la plus rationnelle et la plus fonctionnelle, seul l’usage décidera des pièces et des recoins où il fera bon vivre.
Il en va de même à l’échelle des villes.
Le désenclavement n’est pas qu’une affaire d’infrastructures de transport.
Il y aussi une psychologie de l’enclavement.
Il ne suffit pas de mettre un pont entre deux rives. Il faut susciter le besoin ou l’envie de passer d’une rive à l’autre.
Tout ceci est intégré dans un projet très remarquable, auquel on ne peut que s’associer.
Je veux aussi saluer tous les autres partenaires, et en particulier l’ANRU qui a beaucoup contribué à rendre possible la finalisation de ce dossier.
Au total, l’engagement total du l’institution départementale s’élève à près de 9 millions d’euros
Je veux vous dire toute ma satisfaction de contribuer ainsi à l’action publique quand elle est conduite avec cette philosophie.
Merci à tous les partenaires de cette convention, merci encore à l’ANRU, merci à vous Pierre-Christophe.