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D.P.M.A. 92 : l'avis des spécialistes
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Entretiens avec les professeurs Bruno Dubois et Jean-François Dartigues.
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Le Diagnostic Précoce de la Maladie d'Alzheimer dans les Hauts-de-Seine (D.P.M.A. 92) est un outil de prévention à l'attention des médecins généralistes.
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- Quels sont les enjeux liés au diagnostic précoce ?
- Malgré de récents efforts en ce domaine, la France est l’un des pays européens les plus en retard dans le repérage des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : il faut en moyenne 24 mois pour poser un diagnostic de démence – c’est-à-dire à un stade déjà avancé de la maladie –, contre 10 en Allemagne…
Cette situation est extrêmement préjudiciable pour les patients :
• D’abord parce qu’il existe, aujourd’hui, des médicaments susceptibles de ralentir le processus d’aggravation de la maladie, voire même de stabiliser l’état de santé de personnes qui “répondent” particulièrement bien à ces thérapies.
• Ensuite, parce que le diagnostic permet d’inscrire le patient dans une filière de prise en charge médico-sociale, et de le maintenir le plus longtemps possible à domicile, en évitant les hospitalisations en urgence.
Enfin, je suis persuadé que dans un avenir relativement proche, nous disposerons de traitements innovants qui agiront directement sur les lésions provoquées par la maladie. Repérer aujourd’hui les patients, c’est leur donner une chance de profiter demain des avancées de la recherche.
- Quel est le rôle du médecin traitant dans ce programme de santé publique ?
- Il est essentiel. Le test I.A.D.L.s, effectué par les professionnels des équipes APA, permet un repérage efficace d’un possible syndrome démentiel. Mais c’est au médecin généraliste qu’il revient de confirmer la suspicion de maladie d’Alzheimer, en mettant en évidence l’existence d’un trouble mnésique progressif, non explicable par un état dépressif ou par une pathologie visible à l’imagerie médicale.
Dans ce cas, le patient doit être orienté vers une consultation mémoire de proximité.
Le professeur Dubois, neurologue à la Pitié-Salpêtrière et directeur de l’unité de recherche INSERM “neuro-anatomie fonctionnelle du comportement et de ses troubles”, a été étroitement associé à l’élaboration du programme départemental de Diagnostic Précoce de la Maladie d’Alzheimer.
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- Pourquoi diagnostiquer la maladie d'Alzheimer chez les personnes faisant une demande d'APA ?
- Dans plus de 70 % des cas, la perte d'autonomie motivant la demande d'APA est d'origine cognitive, le plus souvent liée à une maladie d'Alzheimer ou un syndrome apparenté. On peut s'interroger sur l'intérêt d'un dépistage systématique chez des personnes ayant un réel déni de leur maladie et ne recourant ainsi pas aux soins spontanément.
Par contre, la population demandeuse d'APA rentre dans un schéma de recours aux soins et doit bénéficier d'un diagnostic de sa maladie.
Il ne faut pas uniquement se préoccuper des conséquences de la maladie, mais établir le diagnostic de la pathologie à l'origine.
Le diagnostic étiologique est nécessaire pour initier un traitement et une prise en charge spécifique.
- Quel est l'intérêt de la stratégie de dépistage mise en place par l'équipe APA du conseil général des Hauts-de-Seine ?
- Cette stratégie devrait permettre, en alertant le médecin traitant, de favoriser l'accès au diagnostic de nombreux malades. Elle a donc un intérêt individuel certain pour les malades.
En outre, sur le plan de la santé publique, elle permettra également de mesurer l'efficacité d'une telle démarche, qui pourrait par la suite être généralisable dans d'autres départements et régions.
Le professeur Jean-François Dartigues est neurologue (Isped, Bordeaux), coordonnateur de l'étude commanditée par l'Office Parlementaire d'Évaluation des Politiques de Santé (OPEPS).
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