Famille: Maternité, Petite Enfance, Adoption - Aides et Conseils
Mardi 07 octobre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Aider les jeunes à trouver leur voie


Véronique Minin fait partie de ces assistantes familiales qui ont ouvert leur foyer aux enfants en souffrance.

"J'aime mon métier"


Quand on apprend que Véronique Minin a élevé les deux fils de son mari, qu’elle a été elle-même mère deux fois, et qu’elle éduque aujourd’hui en tant qu’assistante familiale quatre jeunes, sans compter ceux qu’elle a recueillis en 18 ans de bons et loyaux services à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) des Hauts-de-Seine, on ne peut que s’exclamer : "Une vraie mère Courage !" Véronique répond illico : "Surtout, j’aime mon métier !"
Véronique défend une profession qui, parce qu’elle est proche du rôle de mère, est encore souvent considérée comme une non-activité. "Combien de fois je me suis entendu dire : "Tu as de la chance, tu ne travailles pas, tu restes chez toi !" Aujourd’hui qu’elle prépare un dossier pour "validation des acquis de l’expérience", elle soupire de se voir enfin reconnaître ses qualifications. "Un diplôme, c’est en quelque sorte admettre que je n’ai pas passé ma vie à garder des enfants."
Alors, qu’est-ce qu’être assistante familiale sinon "garder des enfants" ? "Je réfléchis sans arrêt. J’ai conscience d’avoir des destins entre mes mains. Je suis là pour améliorer leur route." Une route cabossée que celle empruntée par ces bébés, enfants ou ados confiés à Véronique Minin.
Le foyer de Véronique est là pour pallier des carences accumulées au cours de leur début de vie chaotique.

"Les relations sont dures parfois"


Une mère absente, errante, sans domicile fixe, des parents impuissants, défaillants, voire maltraitants, des routes de l’exode économique qui laissent des jeunes mineurs sur le pavé sans famille, des ballottements de foyers en familles d’accueil…
Quand il échoue chez Véronique, un enfant n’est jamais vraiment indemne. Souvent, la frontière est mince entre les traumatismes psychologiques, séquelles de leurs histoires et les handicaps aggravés par un lourd vécu. Véronique, elle, a bien conscience qu’elle ne pourra pas tout réparer.

Ce jour-là, la maison de Dourdan est calme, encore encombrée de cartons. Véronique et son mari viennent tout juste d’emménager. "L’accalmie après la tempête."
La veille, Paul a eu "un coup de rage". Ce jeune de 16 ans que Véronique élève depuis qu’il est bébé souffre de psychose et n’a été scolarisé que jusqu’à l’âge de 7 ans. Il est en rupture de prise en charge.
Véronique l’a confié à son mari mécanicien pour la journée. À 11 h, arrive un SMS. "Il me dit qu’il a trouvé sa vocation !"  Véronique sourit, comme une mère attendrie, en révolte contre le "casse-tête sans fin des orientations".

Marie, elle, a passé le brevet des collèges, la veille. Elle est bien là ce mercredi mais retranchée dans sa chambre. "Les relations sont dures parfois. Il y a des conflits." Mathieu, 7 ans, est déjà déscolarisé à cause de troubles du comportement. "Son dossier est à la maison départementale des personnes handicapées. On est en attente d’une place en ITEP (institut éducatif, thérapeutique et pédagogique)."
Quant à Sophie, déficiente intellectuelle bientôt majeure, elle étudie en IMpro, à deux heures de trajet de Dourdan. "Et elle y arrive !"

"Je ne suis pas Joséphine Baker"


À chaque enfant, Véronique tient à peu près ce discours : "Rien n’est perdu, tout peut arriver." Elle a pour le démontrer un bon exemple : elle-même. Abandonnée par sa mère, qu’elle a retrouvée il y a dix ans à peine, élevée par sa grand-mère qui était déjà assistante familiale, Véronique Minin n’est pas devenue ce qu’elle est par hasard. "Ma tante fait le même métier, et mon fils est devenu éducateur spécialisé, alors…"
Être assistante familiale a beau être un métier, il est difficile de ne pas s’investir affectivement. Qui plus est quand l’enfant passe des dizaines d’années dans sa famille d’accueil. Mais Véronique Minin a su mettre assez de "garde-fous" pour "ne pas pleurer avec eux tout le temps", pour "avoir assez de recul", pour ne pas vivre leur départ comme un déchirement.
Elle pense même que trop d’affectif peut être dangereux pour l’enfant.
"Je ne suis pas Joséphine Baker", lance-t-elle à la dérobée. Comprenez par là qu’elle n’a jamais pensé à adopter. Certes, mais il est des signes qui ne trompent pas…

Quand il s’est agi de déménager, Jean-Pierre, l’un des premiers enfants accueillis par Véronique, était là pour aider la famille. Et Mylène, la jeune fille turbulente qui, depuis, est entrée à l’école de police a toujours quelques cartons qui traînent dans les parages.

Témoignage recueilli par le journal de l'UNAPEI.
Tous les prénoms d’enfants sont d’emprunt pour préserver l’anonymat des mineurs.

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