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LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES
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Le témoignage des professionnels
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Leurs réactions après le colloque du 20 novembre 2006
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La première est brigadier-chef de police à Malakoff, la seconde responsable de la circonscription de la vie sociale (CVS) de Bourg-la-Reine. L’une et l’autre sont régulièrement confrontées, dans l’exercice de leur profession, à la prise en charge de femmes victimes de violences conjugales.
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Céline Simon, brigadier-chef de police à Malakoff
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Annie Roux-Catalano, responsable de la CVS de Bourg-la-Reine
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"Protéger ces femmes est extrêmement complexe. Beaucoup viennent au poste pour parler des violences qu’elles subissent, mais ne vont pas jusqu’à porter plainte. Ce qui les retient, c’est la culpabilité : elles s’accusent fréquemment d’avoir été "nulles", d’avoir "provoqué" les violences de leur mari ou compagnon… Il faut souvent plusieurs entrevues pour qu’elles osent se mettre vraiment en situation de victimes.
Lorsque nous intervenons à domicile, après un appel au 17, il est également difficile d’amener les femmes à porter plainte, parce que l’auteur des violences est présent et fait pression sur elles. Dès que la situation est apaisée, beaucoup cherchent à "excuser" leur conjoint. Même dans ce cas, il faut établir un contact rassurant avec la victime, lui expliquer quels sont ses droits, comment elle peut se protéger.
Ce colloque va me permettre d’ajuster ma pratique professionnelle, d’intervenir avec davantage de compréhension, en tenant compte de la psychologie des victimes et de leur difficulté à sortir du cycle infernal de la violence. Il est parfois très frustrant, pour un policier, de constater qu’une femme victime de violences conjugales refuse de porter plainte, ou retire sa plainte.
Mais cependant, notre intervention a du sens : en énonçant la loi, en soutenant la victime, nous posons des jalons qui lui permettront de s’affranchir de l’emprise du conjoint violent quand elle sera prête.
Par ailleurs, ce colloque m’a informée sur les différents modes de prise en charge existant dans le département : cela va me permettre de mieux orienter les femmes victimes, d’être plus convaincante pour les inciter à se tourner vers les services et les associations qui peuvent les aider."
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"La prise en charge des femmes victimes de violences s’inscrit dans une chaîne où interviennent différents professionnels, policiers, magistrats, travailleurs sociaux, médecins… Pour être un maillon efficace dans cette chaîne, il faut connaître précisément le champ d’intervention des autres partenaires, leurs pratiques, leurs contraintes, leurs limites aussi.
C’est précisément ce qu’a fait ce colloque, d’une manière très concrète. Il était important, par exemple, que chaque professionnel présent sache que la loi retient désormais les circonstances aggravantes pour les violences commises par un concubin, un partenaire pacsé ou un "ex". De même, il est important que nous connaissions la portée exacte d’un dépôt de main courante.
Ce colloque montre avec force que nous disposons maintenant d’un référentiel commun pour agir contre la violence conjugale."
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