Violences Conjugales, Femmes Battues, Maltraitance des Femmes - Hauts-de-Seine
Lundi 08 septembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES

Violences conjugales : de l’enfant témoin à l’enfant victime


On a longtemps considéré que les violences conjugales étaient une affaire d’adultes...


Entretien avec Marie-Paule Martin-Blachais, directrice du service Enfance et Famille au conseil général d’Eure-et-Loir, médecin et présidente de l’Afirem : Association française d’information et de recherche sur l’enfance maltraitée.

De récentes études ont mis en évidence la difficulté de grandir dans un contexte familial marqué par la brutalité, la peur, la tension permanente.
Marie-Paule Martin-Blachais nous explique pourquoi la question des enfants témoins de violences conjugales doit absolument s’inscrire dans le champ de la protection de l’enfance.

- Hauts-de-Seine.net : Dans quelle mesure peut-on dire que les enfants sont victimes de la violence conjugale ?
- Marie-Paule Martin-Blachais : D’après le rapport du professeur Henrion (*), 68 % des enfants grandissant dans un contexte de violences conjugales sont témoins des scènes de violence entre leurs parents, et 10 % sont également victimes de maltraitance physique.
Ceci a un effet particulièrement dévastateur sur leur développement. La famille n’apporte pas la sécurité affective nécessaire à la construction psychique de l’enfant. Elle ne lui donne pas non plus les repères et les modèles indispensables aux apprentissages sociaux de base : savoir écouter l’autre, apprendre à gérer ses frustrations, à être tolérant, à élaborer des compromis…

- Hauts-de-Seine.net : Quels sont les risques encourus par ces enfants ?
- Marie-Paule Martin-Blachais : Pour bien comprendre les choses, il faut d’abord souligner que leur place dans le conflit parental est loin d’être neutre. Certains sont utilisés comme moyen de pression ou de chantage, ou sont rendus responsables des problèmes du couple, ce qui entraîne le développement d’un fort sentiment de culpabilité.
D’autres adoptent un comportement protecteur vis-à-vis de la mère, il y a en ce cas confusion des rôles générationnels
. D’un point de vue clinique, les symptômes présentés par ces enfants sont multiples et inquiétants. En dehors de blessures physiques éventuelles, les troubles psychosomatiques sont fréquents : retard staturo-pondéral, problèmes d’alimentation, de sommeil, crises d’angoisse… L’enfant présente parfois les signes d’un syndrome posttraumatique : phénomènes de flash-backs ou de cauchemars, réactions émotionnelles exagérées à tout ce qui peut rappeler le traumatisme, état d’hyperexcitation et d’hypervigilance, troubles de la personnalité.

- Hauts-de-Seine.net : Comment prendre en charge ces enfants ?
- Marie-Paule Martin-Blachais : La prise en charge doit s’effectuer sous deux angles complémentaires. La priorité est de sécuriser l’enfant sur le plan physique, en faisant intervenir les dispositifs de protection de l’enfance.
Cela nécessite évidemment une bonne évaluation de la situation de risque ou de danger dans laquelle se trouve l’enfant. Peut-on le protéger à travers une mesure d’assistance éducative, en travaillant avec sa famille ? Faut-il un signalement judiciaire ?
Le deuxième aspect de la prise en charge concerne bien évidemment l’aspect thérapeutique. Il faut aider l’enfant à se construire en tant que sujet, à exprimer sa personnalité à travers d’autres modes d’expression que la violence.
Divers modes de prise en charge sont possibles. Au-delà des thérapies classiques, les groupes de parole d’enfants me semblent être une expérience intéressante. Ils permettent à leurs jeunes participants de mettre des mots sur leur souffrance, de développer un sentiment d’entraide.


(*) Remis en février 2001 au ministre chargé de la Santé, ce rapport s’intéresse aux conséquences des violences conjugales sur la santé des femmes et de leurs enfants.

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- notre dossier : Veille et vigilance envers les personnes vulnérables
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- notre article:  Agir contre les violences conjugales
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