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Travail et handicap : "Eviter de nous mettre dans une catégorie à part"
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Né prématuré à la suite d’une grossesse difficile, Jérôme a dû apprendre à composer avec un léger handicap physique dû à des séquelles neurologiques.
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Une "particularité" qui ne l’a pas empêché de mener carrière dans la fonction publique : ce jeune quadragénaire est aujourd’hui cadre territorial au conseil général. Interview.
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Jérôme : Lorsque j’ai eu l’âge d’entrer à l’école primaire, il a fallu que ma mère se batte pour me faire suivre une scolarité en milieu dit "ordinaire" : à l’époque, un enfant différent relevait forcément de l’éducation spécialisée, même si son handicap n’affectait pas ses aptitudes intellectuelles !
La suite de mes études ne m’a posé aucun problème. Après une maîtrise d’administration Economique et Sociale, j’ai passé un concours pour entrer dans la fonction publique d’Etat où j’ai occupé différents postes : contrôle financier, bureau de cabinet d’un ministère, responsable de la communication interne, responsable de la formation professionnelle. Je suis quelqu’un qui fuit la routine, qui aime relever de nouveaux défis….
Puis, en 2004, j’ai réussi le concours d’attaché territorial et j’ai été recruté en 2005 par le conseil général des Hauts-de-seine.
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Jérôme : Peut-être, dans la mesure où j’ai appris à accepter mon état, à l’apprivoiser, à en faire une force. Il y a beaucoup de choses que j’ai faites parce que je ne voulais pas me les refuser : du ski, de la moto par exemple.
Mais, vous savez, je ne me définis pas en fonction de mon handicap. Je ne sais pas dans quelle mesure ce dernier a pu orienter ma carrière, positivement ou négativement. J’ai eu la chance de pouvoir prouver mes compétences : c’est cela qui m’a permis d’évoluer et de m’épanouir.
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Jérôme : Pas de nature à entraver ma carrière, c’est vrai. Et bien souvent, mes collègues ou ma hiérarchie ont été assez intelligents pour apprécier mes compétences et ma personnalité.
Mais il reste le regard des autres, les moments de gêne de mes interlocuteurs lorsque je peine à accomplir certains gestes. La plupart du temps, il suffit d’un peu d’humour pour dissiper l’embarras et les mettre à l’aise.
Personnellement, je ne m’explique jamais sur mon handicap : cela renforcerait encore le décalage entre mes interlocuteurs et moi-même.
Ce que je souhaite, au fond, c’est que l’on m’accepte tel que je suis. Lorsqu’on m’accole l’étiquette de personne handicapée, même avec les meilleures intentions du monde (pour souligner mon parcours ‘remarquable’, par exemple), on me range dans une catégorie à part. Et ça, vous ne pouvez pas savoir à quel point cela peut être blessant. Mais heureusement, je n’ai pas eu à subir souvent ce genre d’attitude.
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