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(CP : JL Dolmaire /Service image / CG92)
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Vulnérabilité et résilience
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Le 17 octobre 2006, a débuté un cycle de conférences sur le thème "Veille et vigilance envers les personnes vulnérables". Entretien avec Bernard Golse.
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Le chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Necker-Enfants malades, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université René Descartes (Paris V), répond à nos questions.
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Objectif de cette première journée destinée aux professionnels du pôle "Solidarités" : mieux comprendre la notion de vulnérabilité pour mieux repérer, protéger et accompagner les personnes que la vie a fragilisées.
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- Hauts-de-Seine.net : Comment définir la vulnérabilité psychique ?
- Bernard Golse : En se référant à l’étymologie du mot, comme une sensibilité particulière aux blessures potentielles. Personne n’est invulnérable, mais la plupart des gens ont une capacité de résistance "normale" aux traumatismes, qui résulte d’un développement harmonieux pendant l’enfance.
Certains enfants, confrontés à des événements tragiques, développent même une aptitude à la résilience, c’est-à-dire à sortir plus forts d’une épreuve gravissime. À l’inverse, l’hypervulnérabilité résulte de conditions de développement psychique insatisfaisantes, ou de facteurs de résilience qui ont fait défaut.
- Hauts-de-Seine.net : Plus précisément, quels sont les facteurs qui peuvent expliquer l’hypervulnérabilité ?
- Bernard Golse : Il n’y a jamais de cause isolée, mais plutôt un ensemble de facteurs convergents qui vont expliquer cette fragilité. Certains facteurs créent un risque de vulnérabilité : maladie, particularité génétique, troubles relationnels entre une mère et son enfant…
D’autres facteurs peuvent ensuite survenir et "fixer" la vulnérabilité, comme par exemple une pathologie psychique des parents.
- Hauts-de-Seine.net : Quels sont les signaux d’alerte qui peuvent faire redouter une vulnérabilité excessive chez l’enfant ?
- Bernard Golse : Je voudrais d’abord dire qu’il y a de nombreux signes qui peuvent inquiéter les parents, mais qui sont, en fait, le signe d’une vulnérabilité "normale", d’une bonne structuration du psychisme : par exemple, l’angoisse de l’étranger au huitième mois, les petites phobies (peur de l’obscurité), le besoin de rituels rassurants, l’agressivité avant trois ans…
Ce qui est inquiétant, au contraire, c’est l’absence de toute manifestation de vulnérabilité chez le jeune enfant. Il faut aussi s’interroger si le développement de l’enfant ne se fait pas de manière synchrone dans toutes ses composantes : langage, motricité, intelligence, émotion...
- Hauts-de-Seine.net : Pourquoi est-il essentiel de repérer la vulnérabilité d’un enfant ?
- Bernard Golse : Un enfant vulnérable est un enfant en souffrance, qui risque de se désorganiser s’il rencontre des traumatismes, ou simplement s’il doit faire face aux épreuves "normales" de la vie : maladie, accident, séparation, deuil…
C’est un enfant qui a besoin des professionnels pour l’aider à se fortifier, pour développer des facteurs de résilience, mais aussi pour aider son entourage à le protéger davantage.
Il faut que la médecine puisse aller au-devant de lui, dans le cadre d’une prévention ouverte, et sans faire de pronostic trop rigide quant à son avenir : nul n’a de destin prédéfini, quel que soit son handicap initial.
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